Proust-Androwkha, S. (2022). Description de la mise en œuvre d'une démarche inductive pour caractériser les perceptions de présence des pairs-apprenants dans le cadre de la réalisation d'activités collectives à distance.
Androwkha, S. (2022). Description de la mise en œuvre d’une démarche inductive pour caractériser les perceptions de présence des pairs-apprenants dans le cadre de la réalisation d’activités collectives à distance. Distances et médiations des savoirs, 38, https://doi.org/10.4000/dms.7812
Résumé
Cet article présente une démarche empirico-inductive visant à proposer une modélisation de la perception de la présence des apprenants par leurs pairs dans le cadre d'une formation à distance. La modélisation est effectuée à partir de la double analyse d'un corpus d'entretiens non directifs réalisés auprès de trente apprenants. La première analyse porte sur les relations lexicales saillantes dans les discours collectés ; la seconde utilise les résultats de l'analyse lexicométrique et se focalise sur la dimension socio-affective des éléments mis en évidence.
Objectif(s) de la recherche
La recherche a pour premier objectif d'identifier les sujets de discussion présents dans les échanges d'apprenants lors de la réalisation d'une activité collective à distance. Après la première analyse, l'autrice se focalise sur les éléments permettant une représentation des perceptions de la présence des pairs.
Cadre de référence, conceptuel ou théorique
Le cadre théorique est volontairement "large et souple" (Mucchielli, 2005, cité par Proust-Androwkha, 2022) dans le but de baser la recherche sur les questionnements émanant du terrain et non de la théorie. Cette étude explore les perceptions donc fait appel à une exploration in situ ; elle nécessite l'adoption d'une approche inductive.
Méthodologie
Des entretiens individuels non directifs auprès de trente étudiants en Master Ingénierie pédagogique de l'université de Lille ont permis la constitution d'un corpus. Deux méthodes d'analyse ont ensuite été appliquées : une analyse lexicométrique et une analyse réalisée à l'aide de catégories conceptualisantes (résultant de plusieurs étapes de lectures, annotations, reconstitutions d'énoncés phénoménologiques).
Résultats
Le premier volet de l'expérimentation a mis en lumière l'élément le plus récurrent dans les récits des apprenants et a révélé l'importance donnée à la dimension socio-affective. Le recours aux catégories conceptualisantes a permis une théorisation qui a fait ressortir quatre dimensions : la reconnaissance de soi par les autres ; l'intimité relationnelle ; l'environnement social sécurisant ; l'esprit communautaire.
Réflexion critique
La double analyse décrite permet un croisement entre qualitatif et quantitatif et le caractère itératif de l'étude présente bien des avantages. Le nommage des catégories obtenues par l'analyse lexicométrique aurait peut-être pu apparaître succinctement. Il aurait été intéressant de voir plus en détails les différentes étapes de la conceptualisation par catégorie.
Exemples de retombées pratiques
Les explications du choix de la démarche inductive sont très précises et encouragent les études menées en recherche-action, notamment. L'expérimentation décrite pourrait être réalisée, comme mentionné dans l'article, auprès de publics moins familiers des environnements numériques de travail pour en observer les variations, tant dans les discours en général que dans les éléments permettant l'analyse de la perception de la présence des pairs. Il serait intéressant d'envisager une étude similaire dans divers environnements numériques de travail (ENT, monde virtuel, réalité virtuelle).